(Informante) Arabelle Rosenwald

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(Informante) Arabelle Rosenwald

Message par Artur Sikora le Mar 18 Nov - 0:52



Nom, Prénom : Arabelle Rosenwald
Surnom/Nom d'emprunt : La Dame aux Camélias

Âge : 25 ans.

Description Physique :

Cloîtrée dans des robes noires sans autre fioriture que les plis d'usage, son cou disparaissant derrière des cols élevés, nul ne sait dire si Arabelle porte encore le deuil de ses parents et de son frère ou si elle se sent tout simplement plus en sécurité derrière la muraille de tissu austère. Elle dissimule sous de longs manteaux ses formes discrètes et ses jambes interminables, préférant laisser flotter le doute sur ce qu'elle désire réellement cacher. Malgré cela, elle porte comme un étendard sa chevelure incandescente – audacieuse rivière de flammes qui s'écoule indolemment jusqu'au creux de ses reins. Arabelle n'attache jamais ses cheveux (ou pratiquement pas) car ils sont sa fierté, en plus de conserver entre leurs ondulations paresseuses le parfum diffus et aigre-doux  de l'enfance. Son visage fin et pointu a tout perdu des rondeurs premières, et ses yeux, démesurément grands et sombres, semblent vouloir aspirer le monde entier au fond de leurs profondeurs de bronze. Ses joues aux pommettes saillantes sont promptes à se parer de rouge, pour autant, jamais ses lèvres ne tressaillent. Arabelle ne saurait se départir de toute contenance, et elle possède autant de contrôle sur les muscles de son visage et de son corps que la lune sur les marées. Seuls ses yeux, là encore, peuvent la trahir – mais ils ne connaissent que deux expressions : celle de la bête traquée, et celle du chasseur.
(...)

Description Caractère :

Arabelle est sans conteste un être perpétuellement tiraillé. Comme une funambule, elle tente tant bien que mal d'avancer sur le fil de ses idéaux alors que la vie ne désire rien tant que de la voir tomber. Tout en elle est mis à mal par les évènements qui ont jonché son parcours depuis son plus jeune âge. Son sens du devoir le dispute à son sens de l'honneur, et plus elle s'accroche à sa loyauté outrancière, plus elle apparaît comme une hypocrite. Arabelle ne revient pas plus sur ses décisions que sur ses promesses, quitte à n'être considérée que comme un déchet sans consistance. Aujourd'hui, elle n'est plus que contradictions et paradoxes, et ce bien malgré elle. Elle lutte pour sauver un système qui a détruit sa famille, mais le trahit pour protéger son frère Contractant. Elle place une confiance irraisonnée dans les autres, mais considérera comme son ennemi le premier qui lui mentira – alors qu'elle-même passe son temps à le faire. Elle poursuit des chimères, persuadée qu'elle possède le pouvoir de changer les choses, mais n'est au final qu'un pion dont les mouvements sont orchestrés par des forces dont elle n'a pas pleinement conscience. On pourrait la croire faible, ou influençable. Pour ce premier point, elle assurera que cela ne vient que d'une volonté de satisfaire tout le monde dans la mesure du possible. Quant au deuxième, ce n'est qu'une façon comme tant d'autres de sauver les apparences.

Arabelle ne vit que pour sauver les êtres qui lui sont chers, constamment mis en péril par un monde de plus en plus absurde. Elle joue un jeu dangereux, et il est bienheureux que l'Informante jouisse ici d'une chance peu commune pour quelqu'un que le hasard s'entête à accabler autrement – en effet, elle a beau s'avérer pleine de ressources pour venir en aide à ses proches, elle restera le plus souvent démunie devant ses propres problèmes.. Il ne s'agit pas d'intelligence ou de préméditation, non. Par son dévouement, et peut-être un peu d'autre chose propre à l'Informante, elle a su s'assurer le soutien d'un certain nombre de personnes qui ne fuiraient pas dès les prémisses d'une tempête.

La jeune femme est une louve quand il s'agit de ceux qu'elle aime, mais rien moins qu'une biche quand c'est sa propre vie qui est en jeu.

Affiliation : ARC
Rang :  Informant

Partie Historique :

Dès qu'elle avait entendu la nouvelle, Arabelle s'était jetée dans le premier train. Elle devait en informer ses frères ! Le vieux Gunder désirait rentrer au Royaume de Suède, et il lui laissait la maison. Bénie soit la générosité de cet homme ! Ils pourraient enfin tous avoir une vie normale. Czeslaw, Bertolt, Viktor et elle. Le premier n'aurait plus à courir les rues comme un chat de gouttière, le second pourrait se remettre de la disparition de leurs parents, et Viktor... Eh bien, c'était aussi chez lui, après tout. Il ne s'opposerait pas à ce qu'elle héberge ses deux frères, n'est-ce pas ?
Ses joues étaient rougies par le froid et l'excitation alors qu'elle courait à travers les bâtiments préfabriqués aux pieds du mur de la Zone. Quel numéro était-ce, déjà ? Ah, voilà, 45. Elle rentra sans frapper – la porte était ouverte, de toute manière.

« Bertolt ! Bertolt, j'ai une super nouvelle à t'annoncer ! Bertolt ? »

Elle arriva dans la pièce centrale, et sa voix mourut dans sa gorge. Le corps de son frère reposait dans une mare de sang figé, entaillé de toute part. Que... ? Elle n'osa pas s'approcher, n'osa pas crier ni même pleurer. Son regard hagard se promena dans la pièce et tomba sur une silhouette familière, adossée nonchalamment contre le mur. D'une main tremblante, il fumait. Czeslaw ! Elle se jeta dans les bras de son autre frère, mais celui-ci la repoussa doucement.

« Fais attention, tu vas te brûler. »

Elle le dévisagea avec de grands yeux. Il tendit la main vers elle, et l'expression de son visage se mua en horreur silencieuse. Pourquoi... pourquoi avait-il du sang sur la main ? Czeslaw dut comprendre qu'elle avait remarqué, car il la saisit d'un mouvement vif par les cheveux et la plaqua contre le mur, lui arrachant un cri de peur et de douleur. Ses yeux d'un bleu translucide luisaient de quelque chose qui déplut fortement à Arabelle. Avant qu'elle ait put dire quoi que ce soit, cependant, un coup de poing dans le ventre lui coupa la respiration, et Czeslaw la lâcha, la regardant s'effondrer à terre avec un fin sourire. Il s'accroupit près d'elle et la força à relever la tête en l'attrapant à nouveau par les cheveux.

« Tu tombes bien, sœurette. J'avais moi aussi une super nouvelle à t'annoncer. Tu vas devenir Informante. »

Comme elle ne réagissait pas, il pointa du doigt le cadavre de leur frère.

« Je peux faire des choses comme ça, maintenant.
- Tu fais partie du Syndicat ? »

Il frappa sa tête contre le sol, avec un bruit mécontent.

« Chut, ne pose pas trop de questions. Pas à moi, en tous cas. Je veux que tu intègres l'ARC et que tu me tiennes au courant de ce qu'il s'y passe, d'accord ? C'est aussi simple que ça. De mon côté, je te protégerai. »

Le cerveau engourdi par la douleur, Arabelle laissa s'échapper un rire étranglé.

« Comme tu as protégé notre frère, c'est ça ? »

Czeslaw se leva, éclata à son tour de rire et jeta sa cigarette sur Bertolt. Il posa ensuite son pied sur la joue d'Arabelle, et lui déclara d'un ton sardonique :

« Si tu déconnes pas, y'a pas de raisons que tu finisses comme lui. Allez, bonne nuit. »

Et avec ça, il lui asséna un coup qui la plongea dans les ténèbres.

~°~

« Veuillez nous répéter encore une fois votre histoire, Madame. »

À travers la brume étrange qui commence à couvrir de plus en plus sa vision, deux billes d'un bleu perçant concentrent son attention. Et les volutes alambiquées des souvenirs se déroulent sous sa langue pâteuse.

~°~

Je suis née dans le Centre Ancien. Ma mère était une femme au visage délicat, pourtant sa langue était aussi pointue et piquante que les crochets dont elle se servait pour nous tricoter écharpes et chaussettes. Elle travaillait comme secrétaire pour un Ingénieur du Technoconseil du Magisterium. Elle avait l'air de s'ennuyer à mourir, au point que ses yeux brillaient souvent d'une lueur de peur – comme si elle craignait réellement de succomber à une pathologie si peu concrète. Ma mère s'appelait Andréa, elle avait à peine trente ans quand je suis née, première-née d'une petite fratrie désormais brisée. Je me souviens assez peu de mon père, probablement parce qu'il était un être terriblement effacé. Il tenait un magasin où il revendait les produits sortis des industries Finkton. Il passait ses journées loin de nous, et quand il rentrait, cherchait si peu notre regard que je suis aujourd'hui incapable de vous dire la couleur de ses yeux. Son nom était Andrzej. Amusant, non ? Andrzej et Andréa. Notre appartement était au rez-de-chaussée d'un petit immeuble de quatre étages, et nous avions ainsi la chance de profiter d'un petit patio dans la cour arrière. Un puits, quelques massifs de fleurs que ma mère n'a jamais réussi à garder en bon état, des graviers gris qui se mêlaient d'une boue bizarre les jours de pluie, et un toboggan si petit qu'il ne me servit plus dès mes quatre ans.

De mon enfance, je ne garde pas grand chose. Je ne sais pas si j'ai même vécu avant la naissance de mes frères. Czeslaw, d'abord, et Bertolt, ensuite. Czeslaw me ressemblait beaucoup, étant jeune. Nous avions la même touffe indomptable de cheveux roux, la même façon de froncer le nez quand nous étions en colère et de battre les pieds de façon incontrôlable quand nous riions. Bertolt était plus calme, rond comme un soleil et brun comme l'argile. Il pleurait beaucoup, cependant, mais essayait de ne pas se faire remarquer. J'adorais m'occuper d'eux – tant mieux, car ma mère ne tarda pas à grincer des dents quand elle devait le faire. Deux ans après leur naissance, elle reprit le travail, et je n'eus pas d'autre choix que d'arrêter les Classes Primaires. Je savais déjà écrire, lire, compter ; je connaissais les rudiments de l'histoire et cela me passionnait. Néanmoins, mes frères passaient avant. J'avais entre six et sept ans, et je passais mes journées à jouer le rôle de mère, trouvant mon réconfort dans leurs bras toujours tendus vers moi – jamais ils ne s'étaient tournés vers nos parents, ou alors très rarement.

Ces années me paraissent irréelles. À ce moment-là, Andréa avait déjà commencé sa lente descente aux enfers, et mon père la suivait alors avec la docilité aveugle d'un chien. Il piochait dans les réserves de sa boutique, ramenant à l'appartement des petits flacons en verre soufflé, dont la couleur rose et blanche m'évoquait un berlingot. De l'âme heureuse – comme je l'ai su bien plus tard – afin que ma mère retrouve le sourire qu'elle avait perdu des années auparavant. Pour sa défense, le produit était redoutablement efficace, et Andréa avait l'esprit allègre. Elle faisait des bouquets, s'amusait à nous habiller comme des poupées, sortait très tard le soir en compagnie de mon père, jouissait sans considération pour nos oreilles d'enfants, et ne tarissait jamais d'idées étranges pour se faire rire. Ma mère de l'époque était un être désespéré, qui avait succombé au charme facile des promesses sortant des Industries Finkton. Ma mère de l'époque était stupide et inconsciente. Elle le deviendrait encore plus par la suite, jusqu'à en perdre son emploi.
J'avais dix ans quand elle dérapa pour la première fois. Elle avait dansé toute la nuit dans un bar des Tiers-Quartiers où mon père aimait la traîner car l'alcool y était moins cher. Elle avait sûrement abusé d'âme euphorique, et une fois rentrée, quand l'excitation fut retombée, elle rentra dans une sorte de rage noire. On l'entendit dans l'appartement comme un chien en cage, frappant les murs et hurlant contre notre père. Puis vint le moment où elle fit irruption dans la chambre de mes frères. Selon ce que me racontera Czeslaw le lendemain, elle les jeta hors de leurs lits – ma mère était une femme avec une force inattendue. Malheureusement, Bertolt dormait dans le lit du haut, et il se cassa le bras dans sa chute. Andréa se mit alors à rouer Czeslaw de coups, le traitant de tous les noms et l'accusant de tous les torts du monde. Ni mon père ni moi n'avons osé intervenir, tétanisés par la soudaine brutalité d'Andréa.

Personne ne parla de l'accident. Pendant quelques mois, Andrzej arrêta de céder aux caprices de sa femme, et un silence de mort tomba sur notre famille. Je me souviens de comment Bertolt et Czeslaw avaient mis au point un code pour se tenir au courant l'un et l'autre de l'humeur de ma mère, comment celle-ci avait désormais autour d'elle l'aura d'un orage sur le point d'éclater – lourd, pesant, effrayant. Andréa refusa d'envoyer Czeslaw et Bertolt à l'école. « Ce sont des bons à rien. Qu'ils errent dans la rue comme des chiens errants, peut-être qu'on finira bien par les ramasser ! », voilà ce qu'elle disait. Je voyais les poings de Czeslaw se serrer de plus en plus régulièrement, sa mâchoire se crisper pour ne plus se détendre, l'ombre de la colère tournoyer au fond de ses yeux pourtant clairs comme un lac. Bertolt, lui, s'était refermé sur lui-même, malgré tous mes efforts pour le dérider. Quand j'ai intégré les Classes Préparatoires, en 1836, je redoutais terriblement de laisser mes frères seuls avec ma mère. J'avais peur de ce dont elle était capable, peur qu'elle retombe dans les petites fioles colorées et ne finisse par faire beaucoup de mal aux garçons. Néanmoins, refuser les Classes aurait été une erreur que ma mère m'aurait fait payer très cher.

Je passai quatre ans à préparer l'examen d'entrée au Magisterium. Même si je bénéficiais d'une chambre dans le pensionnat, je rentrais dès que j'avais un jour ou deux de libre. Czeslaw et Bertolt étaient toujours très contents de me voir, et c'était tout ce qui comptait. Je leur apprenais tout ce que je pouvais : lire, compter, quelques passages de notre Histoire. Je chérissais ces moments où ils pouvaient sourire comme des enfants de leur âge, sans craindre une quelconque correction. Je fis également, durant cette période, la connaissance de Riza La Haye, que je voyais assez régulièrement sur le port quand je descendais du train. C'était une jeune fille calme, qui ne venait ici que pour rêver – disait-elle. À quoi, je ne l'ai jamais su. Je partageais de temps en temps mon goûter avec elle.
En 1840, je passai l'examen – et échouai. Je ne trouvai pas la force de retourner chez moi, cependant. La simple idée me rendait malade. Je craignais la réaction de ma mère plus que tout. Je restai encore quelques semaines au pensionnat, puis finis par croiser la route d'un homme d'un certain âge. Ce n'était pas la première fois que je le voyais. Il semblait avoir élu domicile devant le Collège des Écrivains, il était là tous les jours, des liasses de papier sous le bras. J'observai son manège depuis les escaliers où je me réfugiai pour faire passer le temps. Il était le premier arrivé le matin, demandait à être reçu, mais les deux gardes de l'entrée l'empêchaient de passer. Dès qu'un Érudit quittait le bâtiment, il le suivait sur quelques mètres avant d'être plus ou moins gracieusement écarté. Parfois, il s'asseyait à même le sol, et fixait chaque personne qui entrait ou sortait du Collège. Il m'amusait et m'attristait. Alors, un jour, je me décidai à aller lui parler. Je ne savais pas quoi dire, vraiment, alors je lui proposai d'accepter mon déjeuner – car j'avais vu qu'il ne quittait jamais son poste et qu'il se contentait de sortir des morceaux de pain de la poche de son manteau. C'était un jour d'hiver, qui aurait dit non à de la soupe bien chaude ? De fil en aiguille, il me demanda si j'étais intéressée par l'écriture. Lui écrivait des articles pour un journal, mais rêvait de publier de vrais romans.

Et c'est ainsi que je devins son assistante. Il possédait une maison de ville, dans le Quartier des Soies. L'étage du bas lui servait de bureau, et lui-même vivait à l'étage du dessus. Il me logeait dans le grenier, rapidement aménagé avec un lit de camp et quelques malles pour ranger mes affaires. J'effectuais diverses tâches, comme aller porter ses articles ou m'entretenir avec diverses personnes à sa place. De temps en temps, je devais même écrire quelques lignes à sa place. Il s'appelait Gunder Eriksson, sa famille était d'origine suédoise mais avait émigré au moment de la guerre. Âgé d'une cinquantaine d'années, il vivait seul – sa femme était morte, et son fils unique, Viktor, avait intégré le Collège Chronologique et ne venait plus le voir, trop pris par ses études. J'étais très heureuse d'être son assistante.

En 1841, j'appris que ma mère avait été licenciée. Régulièrement, je devais héberger mes frères, qui fuyaient le domicile familial et venaient toquer à la porte du bureau – parfois couverts de bleus. Je laissais alors mon lit à Bertolt et dormais avec Czeslaw à même le plancher, dans un nid fait avec nos vêtements entassés. Ce qu'ils me racontaient me terrifiait, et j'en suis venue à détester mes parents. Ma mère car elle était violente et injuste, mon père parce qu'il ne faisait rien pour arranger les choses – il les empirait, même, persuadé qu'en droguant ma mère elle n'oserait pas lever la main sur lui. À douze ans, que pouvaient donc faire mes frères pour s'en sortir ?

~°~

« Bien, bien. Passez directement aux évènements ayant eu lieu après le Couvre-Feu, s'il-vous-plaît. N'omettez rien, je vous prie. J'imagine que vous tenez à ce poste. »

Arabelle lève les yeux vers le Responsable qui lui fait face, de l'autre côté du bureau, et acquiesce. Ils se rapprochent dangereusement du moment critique, elle le sait. Mais elle sait aussi qu'elle n'aura aucun autre échappatoire que Viktor. Lui est déjà au courant, il a promis de l'aider. Arabelle espère de tout son cœur qu'ils ne failliront pas.

Avec une grande inspiration, elle continue.

« Après le Couvre-Feu, ma famille fut, comme tous les réfugiés, relogée dans des préfabriqués situés près des Bas-Quartiers. Ils vécurent deux ans là-bas, avec Bertolt. Czeslaw s'était évanoui dans la nature avant la catastrophe, et je le soupçonne d'avoir servi de larbin dans les bars des Tiers-Rues. Tout ce que je sais, c'est que mes parents ont mystérieusement disparu à la fin de l'année 1846. Pas de corps, pas de note laissée à notre attention, pas de trace, rien. Bertolt était venu me voir, m'avait assurée qu'ils avaient été assassinés, sous ses yeux, par des hommes portant une étrange combinaison. Leurs corps avaient ensuite été transportés et emmenés on ne sait où. J'eus du mal à y croire, d'autant plus que Bertolt, depuis tout jeune, avait cette tendance à inventer des histoires. Une manière d'échapper à la réalité, je suppose. Moi, je pense qu'ils ont été tués par des Contractants. C'est pour ça que je veux intégrer l'ARC. »

Le Responsable la fixe, silencieux. Il finit par s'impatienter.

« Et ? Vous ne pouviez pas intégrer le Collège, comme tout le monde ? Vous avez des antécédents, peut-être. Un Contractant dans votre famille ? »

Arabelle pose sur lui un regard vide. Elle n'a pas le choix, elle doit répondre. Mais, heureusement, Viktor est là pour la couper dans son élan.

« Monsieur, nous avons dépassé le temps imparti pour l'entretien. Elle a répété deux fois son histoire, n'est-ce pas suffisant ? Vous voyez bien qu'elle n'a rien d'intéressant. »

Le Responsable plisse les yeux, jette un regard mauvais au Chronologue.

« Foutus jeunots, vous devez toujours tout faire comme les règles vous l'imposent ! Bah, je meurs de faim de toute façon. Inscris-la sur la liste. J'en ai ma claque de ces entretiens à la con. Pourquoi ils nous donnent un sérum de vérité si c'est pour pas s'en servir comme il faut ? Théologiens à la con, aussi, tiens ! »

Il enfile son manteau d'un geste agacé, et claque la porte du bureau en sortant. Viktor sourit silencieusement à Arabelle et pose une main sur la sienne.

« Bienvenue à l'Agence de Recherches Chronologiques, mademoiselle Rosenwald. »

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