[Univers] Pijaztrov, la vie en ville.

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[Univers] Pijaztrov, la vie en ville.

Message par Artur Sikora le Mer 18 Fév - 13:50

Regards de Citoyens sur Pijaztrov.
(avant le Couvre-Feu)


Être né à Pijaztrov est un honneur et une fierté que je m'efforce de léguer à ma descendance. Quand ma famille s'y est installée, quelques années après la Guerre du Nord, la cité brillait comme un phare au milieu des plaines grises des Baltiques. Je me souviens encore des monorails qui se développaient comme des lianes de quartier en quartier, des postes de télégraphe qui poussaient comme des fleurs d'acier sur les places carrées. À Pijaztrov, nous avons découvert un monde où le progrès était la seule aspiration des habitants. Il ne s'agissait pas de briller au-delà des frontières. La cité était un microcosme, une bulle, et c'était là la raison de son succès. Nous sommes des privilégiés – il est nécessaire d'en avoir conscience car, peu à peu, les portes de la ville se sont fermées à l'extérieur, définitivement. En-dehors de la Coopérative, qui permet la subsistance des habitants, Pijaztrov ne possède aucun lien avec le reste du monde.

Nous avons éradiqué la maladie. Nous pouvons choisir les sentiments que nous voulons ressentir. Nous déléguons les tâches les plus éreintantes à des automates. Nous avons l'eau courante. Nous avons l'énergie ambarique. Nous avons tous la possibilité de nous élever et d'élever les autres, ou bien de consommer pour venir en aide à la Science. Nous sommes un peuple d'élite, et nous le savons.

Quand je me promène dans le Centre-Ville, et que je suis ébloui par l'architecture en verre des Halles – je suis fier. Quand je m'arrête à une terrasse pour boire un café, et qu'un automate lève son chapeau pour me saluer – je suis fier. Quand j'entends le sifflement d'un monorail aérien, ou le vrombissement d'un dirigeable au-dessus de ma tête – je suis fier. Et que dire encore des vastes Collèges de marbre et du flot continu des Collégiens et des Érudits, qui sont la preuve que Pijaztrov continue d'évoluer vers un idéal quasi-divin ! Que dire du Jardin Botanique, où la ville a fait venir le monde entier à elle plutôt que de laisser ses citoyens prendre le risque de voyager loin de leur véritable maison !

La vie est bien plus belle ici. J'aime ma femme et mes enfants, qui ne pleurent jamais ; j'aime mon travail, où l'on me respecte ; j'aime la liberté et l'ouverture d'esprit, loin de l'obscurantisme des campagnes et des autres pays. J'aime ma vie, et plus que tout, j'aime ma ville.

~°~

Pijaztrov est un endroit où le soleil a décidé de ne plus briller. Ou alors, seulement sur la tête des bourgeois – à moins qu'ils soient juste trop aveugles pour voir qu'il fait tout noir autour d'eux. Je suis un ouvrier. Contrairement à ce qu'on dit, y'a pas que les automates qui travaillent. Même si on peut dire qu'on me traite comme une machine, remarque. Ma famille est arrivée en ville trop tard pour être bien lotie. On nous a attirés avec des promesses d'une cité étincelante où il faisait bon vivre, on nous a donnés un boulot puis on nous a laissés tomber. Lâchés dans un cloaque puant qu'on appelle affectueusement les Bas-Quartiers. Les gens sont bizarres, ici. Vu comme les journées sont dures, ils sortent le soir, se saoulent et font un usage presque permanent des Âmes qu'ils ont peut-être eux-mêmes mises en bouteille. Vous reconnaissez ceux qui se sont perdus en chemin à leur regard exorbité et complètement explosé.

Il y a toujours du bruit. Quand c'est pas le fracas des machines, c'est le raffut incessant des bars, les cris. Une journée de repos ? Bam, ça ne rate pas, cette fois-ci vous allez pouvoir profiter du son horrible des trains de marchandises qui passent juste en bas de chez vous et qui font trembler les planchers ! Si vous tendez l'oreille, de temps en temps, vous pouvez aussi entendre quelques coups de feu que s'échangent les gangs locaux. Une autre poisse, ceux-là ! J'en viendrais presque à espérer tomber comme dommage collatéral de l'un de leur règlement de comptes, un jour... C'est dire si je suis heureux d'être ici.

Il paraît qu'ils sont un peu mieux dans le Centre-Ancien, mais pour payer le loyer de là-bas, il faudrait au moins bosser pour le Magisterium. Bah, Finkton a refermé ses griffes d'acier sur ma famille depuis un bout de temps déjà. Ils nous disent : « Plus vous restez longtemps et plus votre famille est fidèle à nos entreprises, plus vous avez de chances de voir la situation de vos générations futures s'améliorer. » Ce qui est emmerdant, c'est que personne n'a précisé quand et à quel point.

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